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Oser l’ennui, le vide et se sentir en vacance(s) toute l’année.



« S’ennuyer, c’est chiquer du temps pur » (Cioran)
 
« Être en vacances, c’est n’avoir rien à faire et avoir toute la journée pour le faire » (Robert Orben)
 
 
Lors d’un récent entretien avec une étudiante en formation, mon interlocutrice a évoqué le plaisir qu’elle a ressenti, lors d’un séjour organisé par la HEP dans un pays partenaire en Afrique, d’avoir des moments pendant lesquels elle pouvait enfin s’ennuyer et arrêter de penser à tout ce qu’elle devait, voulait ou pouvait faire.
 
Sa remarque a bien sûr fait écho en moi. L’ennui est en effet une de mes principales contre-valeurs et je n’en ai pris conscience que bien après mon burn-out. Lors du travail entrepris pour me permettre de me reconstruire et de préparer un nouveau départ, j’ai principalement identifié les valeurs que j’avais oubliées et probablement bafouées, telles que le besoin de liberté et d’indépendance ou encore le plaisir, le bonheur et la spiritualité.
 


Par contre, ce n’est que tout récemment, dans le cadre d’un atelier organisé par mes collègues et amis Natacha Andenmatten et Eric Gubelmann (que je salue et remercie au passage), que j’ai pris conscience de l’importance des contre-valeurs.
 
Selon la définition qu’en donne Isabelle Nazare-Aga dans son livre Je suis comme je suis. Connaissez-vous vraiment vos valeurs personnelles ? (Montréal : les Éditions de l’Homme, 2008.), les contre-valeurs nous poussent à agir « non par motivation mais par rejet viscéral d’un sentiment ou d’une situation. La contre-valeur représente ce que je ne supporte pas de vivre au point de ne pas vouloir le vivre. »

L’effet pervers des contre-valeurs est donc de créer, à terme, « des attentes, des peurs et donc de potentielles usures » car, plutôt que de faire des choix en fonction de ce qui est important pour nous, nous sommes amenés à prendre des options pour fuir ce que nous craignons le plus. Ce qui, fatalement, nous amène à vivre une vie « par défaut », en creux et faite de fuites successives.
 
En ce qui me concerne, j’ai toujours fuit l’ennui : dès qu’il se présentait, je me trouvais une activité physique, intellectuelle ou, plus rarement, manuelle (je pense, en ce qui me concerne, à la cuisine). Le fait de ne pas avoir pris conscience que, souvent, mon choix était motivé par la fuite de l’ennui a contribué en bonne partie à ma suractivité et, par la suite, à mon épuisement. Cela d’autant plus que l’activisme est largement encouragé par la société et par le monde du travail : des sirènes au chant desquelles je n’ai que trop succombé.
 
Le fait de comprendre d’où venait cette peur de l’ennui m’a occupé un certain temps. La lecture du livre de Jeanne Siaud-Facchin traitant des adultes surdoués (Trop intelligent pour être heureux ? L’adulte surdoué. Paris : Odile Jacob, 2008) m’a par exemple permis d’identifier cette crainte comme étant une résultante d’un fonctionnement « parabolique » de mon cerveau qui consiste à « ressentir et percevoir avec une lucidité acérée toutes les composantes du monde matériel et des relations humaines » ce qui « génère une réaction émotionnelle constante, source d'une anxiété diffuse ».
 
La recherche du « pourquoi » n’est cependant pas forcément aidante pour arriver à vivre avec nos contre-valeurs, du moins de mon expérience. J’ai donc dû développer des stratégies pour me permettre de vivre au mieux avec ma peur de l’ennui. En commençant par l’accepter et l’accueillir, même si, pendant plusieurs années, cette étape a parfois été douloureuse.
 

En effet, le fait d’accueillir la peur de l’ennui passe par l’acceptation du vide. Alors qu’un très grand sentiment de vacuité m’habitait dans les mois qui ont précédé la rupture, le vide s’est imposé à moi presque du jour au lendemain : mon corps et mon cerveau refusant de coopérer, j’ai été contraint d’observer de très longues pauses pendant lesquelles je ne pouvais plus fuir l’ennui, m’obligeant à le regarder dans les yeux.


Dans un premier temps, ce fut l’affrontement, le duel qui n’a fait que renforcer l’anxiété. Puis, progressivement, le combat a laissé la place à une cohabitation, à une réconciliation permettant à la peur de l’ennui de prendre sa juste place sans pour autant continuer à diriger ma vie.
 
J’ai ensuite inverser le paradigme : plutôt que de remplir ma vie jusqu’au point de débordement, j’ai décidé d’y introduire du vide. D’une part, en tentant de délester mon quotidien de tout ce qui ne me faisait pas du bien car ne correspondant ni à mes valeurs ni à mes besoins, et, d’autre part, d’organiser mon temps en partant des espaces vides.
 
C’est cette dernière stratégie qui m’a conduit à aménager des pauses sur le modèle du « un partout » (une heure par jour, un jour par semaine, une semaine et un week-end par mois) au sujet duquel j’ai rédigé un précédent billet. Au quotidien, ce choix m’amène à profiter de chaque possibilité pour ne rien faire et pour m’ennuyer. Un ennui choisi, conscient, consenti et, par conséquent, fertile. Aux antipodes de l’ennui que je peux ressentir lorsque je subis la situation – cela m’arrive encore parfois, mais heureusement de moins en moins – en me retrouvant « coincé » parmi mes semblables à devoir écouter – et parfois prononcer – des propos qui ne me nourrissent pas et me laissent avec un profond sentiment de vide, une vacuité de sens cette fois-ci.
 
Alors qu’avant mon burn-out, je profitais de chaque minute pour la remplir par une activité quelconque afin de surtout ne pas m’ennuyer, je savoure aujourd’hui ces moments pour ce qu’ils sont : du temps pur ; du temps pour écouter la vie couler dans mes veines, pour écouter mon battement de cœur, pour être attentif à mon corps, à mes sensations, à mon souffle comme me l’a enseigné la méditation ; pour écouter la vie qui vibre tout autour de moi ; pour écouter le silence qui habite chaque intervalle de bruit, qu’il soit intérieur ou extérieur.
 
Car, comme le dit très bien Charles Pépin dans sa « carte blanche » du Psychologie Magazine de février dernier, « s’ennuyer c’est vivre », s’ennuyer c’est permettre « à des idées de cheminer, à des décisions de mûrir, à la vie de prendre son temps. Car, « il n’y a pas de plénitude sans moments de battements : s’il n’y avait pas de moments « vides », nous n’aurions jamais de sentiment de plénitude ».
 


Avoir une vie bien remplie, c’est donc aussi accepter voir introduire le vide dans le plein. Pour éviter le « trop-plein », grand ennemi de la plénitude. Et pour se rendre disponible à la vie ; pour se laisser émerveiller par les détails du quotidien ; pour voir la beauté qui, comme le dit Oscar Wilde, « se trouve dans les yeux de celui qui regarde » ; pour dire merci à cette vie qui nous permet, jour après jour, de la savourer ; pour « être », tout simplement, au lieu de « faire ».
 
Dans un monde dirigé par la tyrannie de la performance, le vide et l’ennui font peur, car ils sont synonymes de non-productivité, d’oisiveté. Alors que, paradoxalement, les dernières recherches sur le fonctionnement du cerveau montrent que celui-ci a besoin de moments de rêvasseries et d’évasion pour optimiser ses opérations (lire à ce sujet le dossier sur la mémoire dans Clés du mois de août/septembre 2015), nous sommes amenés à aligner les activités réceptives, productives, (ré)créatives, ce qui débouche sur une fatigue de tous les acteurs du système.

Et, après une période bien chargée, nous nous réjouissons des prochaines vacances pour pouvoir récupérer….et se préparer à la prochaine « apnée (sur)activiste ». Quand ce n’est pas pour reproduire, pendant cette pause réparatrice, les schémas habituels en remplissant les journées d’activités qui nous laissent parfois plus vidés que pleins.
 
Et le vide ne fait pas uniquement peur à la société, il peut également être source d’angoisse pour l’individu qui l’accepte voir le cultive. Nous n’avons en effet pas peur de l’ennui et du vide pour rien : il nous oblige parfois à accueillir ce que Rilke appelle nos « lions intérieurs » : stress, angoisse, tristesse, colère et, par dessus tout, la solitude. Comme l’avance Fabrice Midal dans sa lettre de février 2016, fuir l’ennui et le vide reviendrait soit à vouloir ignorer soit à vouloir vaincre ces « lions », au lieu de choisir la voie de la réconciliation avec cette vulnérabilité qui nous fait peur et que nous tentons d’anesthésier en remplissant nos journées d’occupation et de préoccupations diverses, même parfois pendant les vacances.
 
Or, le mot « vacance » vient du latin « vacuum » qui veut dire « vide » (Merci à Laurent d’avoir attiré mon attention sur l’étymologie souvent inconnue du mot). Une manière d’être « en vacances » tous les jours serait donc d’accueillir voire de créer et d’aménager consciemment des moments de vide et de les utiliser pour s’ennuyer. Avec joie et délectation, sans nous laisser abrutir par la télévision ou se jeter soit sur son Smart- ou I-Phone ou sur le premier journal de boulevard venu. Pour se sentir vivre et vivant.
 
Je ne peux donc que vous encourager à faire une pause, une vraie « vacance » le plus rapidement et le plus longtemps possible, après avoir lu ce texte par exemple. Et de laisser venir l’ennui. Pour y prendre du plaisir et pour goûter la vie. Et peut-être aussi pour observer vos « lions intérieurs » et les accueillir avec bienveillance, car ils sont la preuve que vous êtes vivants.
 
Bonne suite de chemin, bon ennui et une vie bien remplie….de vides !


3 commentaires pour Oser l’ennui, le vide et se sentir en vacance(s) toute l’année. :

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