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Le temps pour Chemin, le temps du chemin

"Le chemin de la sagesse et de la liberté est un chemin qui mène au centre de son être" (Mircea Eliade)
 
Comme souvent dans une phase de transition ou après une rétro-boucle (« reculer pour mieux sauter »), la vie me mène dans un lieu magique où j’aime me ressourcer, me recentrer, m’accorder du temps ou m’accorder tout court : l’Hôtel-Pension Beau-Site, à Chemin-sur-Martigny.



Il y a d’abord la maison, construite en 1912, dans et autour de laquelle le temps semble s’être arrêté, loin de la course et du rythme souvent effréné du monde « d’en-bas », cette réalité qui semble à des années lumières une fois que l’on a bravé les lacets étroits qui mène de Martigny-Croix à Chemin-Dessus. Comme le dit le petit dépliant de présentation que l’on trouve sur le secrétaire de la chambre : « l’atmosphère particulière du Beau-Site ne peut pas se décrire, elle doit être vécue » (Plus sur www.chemin.ch, avec un clin d'oeil de gratitude au passage pour toute l'équipe qui travaille, à l'ombre et au soleil, pour servir la vie et l'esprit du lieu).
 
Il y a aussi la forêt, principalement constituée de mélèzes, appelée la « forêt éternelle » car, comme l’écrit Joëlle Chautems, « elle transmet l’enseignement de la vie cyclique, où la mort promet une renaissance. Le mélèze est l’arbre du renouveau. Il perd ses aiguilles en hiver et elles réapparaissent au printemps (...) Par son expérience, il nous invite à voir les étapes de nos vies telles qu’elles sont, à ne pas en faire des montagnes infranchissables et à les accueillir avec joie et curiosité. Nous sommes là pour apprendre, puis nous apprendrons ailleurs….Le cycle continue, sans fin. » (Guide des arbres extraordinaires de Suisse romande. 40 balades d’énergie. Reliance et soins par la nature. Lausanne, Favre, 2012, 3 édition, p. 223).


Pour ma part, j’apprécie tout particulièrement la présence de ces gardiens de la montagne, témoins du temps et de la vie, et j’en choisi à chaque visite un autre – c’est d’ailleurs plus souvent lui qui me choisit – pour l’étreindre, dialoguer avec lui et m’inspirer de sa sagesse.
 
L’énergie de Chemin et ses environs est donc plus que propice pour méditer sur le sens de son propre cheminement, de ce que la vie nous permet de vivre, que cela soit joyeux ou douloureux, et de faire le point pour avancer le plus sereinement possible…jusqu’à la prochaine bifurcation.
 
Le temps pour Chemin est plutôt prévisible : environ une heure et demie depuis mon domicile. La route est toute tracée, ma voiture la connaît presque par cœur. Mis à part les éventuels bouchons en fin d’après-midi et les quelques rares véhicules indigènes qui ont la "mauvaise" idée d’emprunter l’itinéraire – digne d’un rallye corse – dans le sens inverse du mien, m’obligeant parfois à transformer mon modeste moyen de transport en un 4x4 rugissant, le trajet est sans surprise, du moins en théorie.
 
Le temps du chemin de vie est, on s’en doute, bien différent. Il n’est ni prévisible, le parcours n’étant ni tout tracé ni sans surprise, même en théorie. Et pourtant, que la tentation est grande de désirer que ce parcours soit une route balisée, cartographiée, répertoriée, « gps-isée », donc maîtrisable et maîtrisée. J’en veux pour preuve non seulement mon expérience personnelle, mais également celle des personnes que j’accompagne et qui, si elles n’y sont pas rendues attentives, veulent prendre des décisions sans se laisser le temps de se poser les bonnes questions.
 
C’est ce que Rolf Dobelli (Die Kunst des klaren Denkens. 52 Denkfehler die Sie besser anderen überlassen. Munich, Hanser Verlag, 2011, p. 179) nomme le « biais de l’action » (The Action Bias) : dans des situations de doute, nous ressentons le besoin de faire quelque chose, quelle que soit cette « chose » - que cela aide ou n’aide pas. On se sent mieux après avoir agi, même si l’action n’a pas amélioré la situation ou, pire, si elle l’a détériorée. Nous agissons souvent trop et trop vite. Au lieu de commencer par ne rien faire jusqu’à ce que nous ayons l’esprit plus clair.

Dobelli conclut son texte par une citation de Blaise Pascal : « Tout le malheur des hommes provient du fait qu’ils ne sont pas en mesure de rester tranquillement dans leur chambre ». Et c’est exactement ce que je fais lorsque je me rends à Chemin : hormis la ou les ballades dans la « forêt éternelle », je reste, tel un moine dans sa cellule, cantonné dans « ma » chambre. À lire, méditer, écrire, écouter de la musique, dormir, rêvasser. Bref, à ne rien entreprendre pour faire évoluer la situation. Si ce n’est – et c’est essentiel – prendre soin de moi. 
 
La question qui se pose – et elle finit toujours par être formulée – est : mais quand est-ce que je sais que je peux ou dois agir, entreprendre quelque chose, prendre une décision ? Pour abréger l’inconfort voir la douleur liée à cette incertitude, il serait aisé de donner une réponse assortie d’un délai. Rolf Dobelli – manager et financier, précisons-le –  cite des recherches qui sont formelles : au plus tard après trois mois, le ciel de notre esprit est suffisamment serein pour qu’il soit bon d'agir et de faire des choix. 
 
Cette réponse n’est pas satisfaisante, surtout lorsqu’il s’agit de décisions qui engagent l’avenir de la personne qui les prend. Cette échéance rassure certainement notre société qui vise à réintégrer ou à réinsérer au plus vite une personne « en crise » afin de ne pas rompre la chaîne de productivité et pour éviter de générer des coûts souvent exorbitants. Mais mon expérience m’amène à dire que le fait de prendre la tangente pour, le plus rapidement possible, se relever et se remettre en selle peut s’avérer une mauvaise stratégie : la personne aura apparemment résolu la situation problématique en adaptant éventuellement quelque peu la réalité, mais n’aura pas traité le problème à la racine. Et comme nous faisons toujours partie du problème, la solution passe donc obligatoirement par un travail sur soi et donc par un processus qui prend du temps. Et, pour reprendre les propos de Lytta Basset, les injonctions du type « il faut » sont souvent contre-productives, surtout lorsqu’il s’agit d’aller au fond des choses, au fond de soi, au fond de sa blessure (Au-delà du pardon. Le désir de tourner la page. Paris, Presses de la Renaissance, 2006, p. 121)
 
« Mais alors, me direz-vous, combien de temps doit-on attendre pour passer à l’action et prendre une décision ? Trois mois ? Plus ? Une vie ? Quelle horreur ! ». Et vous auriez raison de vous insurger. Et pourtant : la réponse est impossible, car elle n’est ni universelle ni définitive. Comme dirait Fernand Raynaud dans le sketch où il demande combien de temps il faut à un canon pour refroidir après avoir tirer un boulet : « Ça dépend ». Et ça dépend de tellement de facteurs qu’il est impossible de donner une réponse claire et, donc, satisfaisante pour calmer notre angoisse.
 
Pourtant, à en croire Anne Dufourmantelle, philosophe et psychanalyste, lorsqu’on s’arrête quelque temps et qu’on a le courage de vivre cet « espace intérieur apaisant grâce auquel nous entrons dans une relation de bienveillance envers nous-mêmes et envers le monde (…) au bout d’un moment, des chemins insoupçonnés se dessinent, qui nous remettent sur la voie de la puissance » (« Ce qui nous manque c’est la confiance en l’autre », Psychologies Magazine, Janvier 2014, p. 59).

Se dessine ici le cœur d’un art qui demande patience et discipline : celui de savoir attendre que les fruits soient mûrs et de pouvoir rester à l’écoute de notre cœur et de notre intuition. Pour, entretemps, se donner cette douceur envers nous-même qui souvent nous fait défaut et se concentrer sur la seule chose qui soit en notre possession, « une chose qui n’est pas rien : l’instant (…) À côté de la certitude de la mort, il y a en nous cette certitude d’être les maîtres de l’instant » (François Cheng, Cinq méditations sur la mort autrement dit sur la vie. Paris : Albin Michel, 2013, p. 50).
 
Si vous vous trouvez actuellement à un carrefour de votre vie, je vous propose donc de vous arrêter, de prendre le temps qui vous sera nécessaire pour faire la paix avec vous-même et avec le monde, pour évaluer le chemin parcouru – et dont vous pouvez être fiers, car personne à part vous n’a vécu votre vie – et scruter l’horizon tel que vous aimeriez le peindre, le sculpter, le créer. Sans céder au chant des sirènes de "l’action à tout prix" ni à la pression d’un entourage aussi et parfois même plus anxieux que vous.

Et, pourquoi pas, vous faire accompagner pour y voir plus clair en vous-même et par rapport à vos choix futurs, en répondant à l’injonction tout sauf paradoxale : « Sois autonome, demande de l’aide ! » (G. Le Cardinal).

Bon chemin ou Chemin…ou les deux, à vous de choisir.
 


3 commentaires pour Le temps pour Chemin, le temps du chemin:

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