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Le chemin du changement


« Tout est changement, non pour ne plus être mais pour devenir ce qui n'est pas encore » (Epictète)
 
« Il est plus facile de changer un pansement que de penser le changement »
(Francis Blanche ou Pierre Dac, selon les sources)
 
Les mois de février et mars marquent une période ambigüe : l’hiver n’est pas encore terminé que déjà le printemps annonce sa présence, les nombreux carnavals nous le rappellent et la nature en témoigne quotidiennement.  Il en est de même pour ma météo intérieure mais en inversant les saisons :
 
D’un côté, j’ai l’impression d’être (enfin !) parvenu à une étape printanière voire même estivale de mon évolution, car je peux voire éclore les bourgeons des projets semés et, selon les domaines, récolter les fruits du patient travail sur moi-même de ces six dernières années ;
 
De l’autre, de possibles évolutions d’ordre professionnel en lien à des changements imposés par le contexte dans lequel j’évolue me propulsent en automne, avec ses feuilles mortes sur lesquelles on glisse, déstabilisé et déséquilibré, ce qui à son tour génère son cortège d’émotions – une chute d’autant plus douloureuse qu’elle n’est pas voulue mais subie –, et m’entraîne vers une nécessaire hibernation pendant laquelle je ressens le besoin de me retirer, de me re-centrer pour prendre des forces, solidifier mes racines afin de retrouver un nouvel équilibre.
 
Heureusement, mes formations – dont mon expérience toute récente du burn-out et la lente reconstruction qui a suivi ne sont pas des moindres – ainsi que mon activité de coach qui accompagne le changement des et chez les autres me donnent des outils pour appréhender cette transition de manière plus sereine. L’objectif de ce texte est donc, en plus du partage avec le lecteur, celui de me remémorer et de conscientiser les apprentissages les plus significatifs de mon pèlerinage – ou ce que je pense avoir appris – pour vivre au mieux les prochaines évolutions.
 
Le premier élément qui me vient à l’esprit est la confiance en la vie : elle sait ce qu’elle fait, même si ses décisions semblent parfois incompréhensibles, suscitant alors colère et indignation. Tôt ou tard, l’expérience voire l’épreuve prennent sens : le fil de la vie qui, à un moment donné, semblait cassé ou menaçait même de s’interrompre, se déroule à nouveau avec cohérence et fluidité. Pour reprendre l’image des saisons (empruntée à Michèle Roberge. Tant d’hiver au cœur du changement. Essai sur la nature des transitions, 1998) : il y a toujours un printemps et un été après l’automne et l’hiver.
 
Une deuxième réflexion relève de ce que Rolf Dobelli (Die Kunst des klaren Denkens, 2011) appelle « la régression vers le milieu » : l’être humain, mu par l’illusion de sa toute puissance, par sa volonté de tout contrôler grâce à la pensée magique, s’imagine pouvoir influencer le cours des choses, alors qu’il s’agit avant tout pour lui de « surfer sur la vague » et d’accepter que les éléments vont, avec le temps, rejoindre un équilibre, tel le pendule qui finit toujours, après des oscillations plus ou moins amples, par s’immobiliser…au milieu.
 
Accepter ne veut cependant pas dire se résigner : si l’on en croit Paul Ricoeur, nous ne sommes certes pas les auteurs de l’histoire de notre vie, mais nous pouvons en être les héros. Si nous ne pouvons pas influencer directement le cours de ce qui nous arrive, nous avons un pouvoir extraordinaire : celui de travailler sur nous-mêmes et d’ « être le changement que nous voulons voir pour ce monde » (Gandhi). Le changement que la vie nous impose nous met dans une impasse et l’obstacle qui a ainsi surgi nous semble insurmontable ? La nouvelle orientation de mon entreprise me met dans une colère noire et j’ai l’impression que je ne vais pas tenir le coup longtemps dans cette « boîte de fous » ?

Le premier travail – et pas des moindres – consiste à accueillir sans jugement et sans lutte les émotions et les résistances qui se présentent à et en nous : elles sont parfaitement légitimes, car liées au processus à la fois de deuil – la perte du connu – et de projection – la peur de l’inconnu. Puis, dans un deuxième temps, il s’agit de prendre distance du rôle de victime pour accepter que si, pour l’instant, nous ne pouvons rien changer à la situation, nous pouvons modifier notre manière de la vivre ainsi que notre regard sur elle. Et en faire une opportunité plutôt qu’un frein.
 
Puis – et c’est là pour moi le quatrième enseignement – nous pouvons puiser en nous des forces cachées et parfois insoupçonnées. Tout obstacle est un « accélérateur d’apprentissage » (Christiane Singer, Du bon usage des crises, 2001) qui nous permet de (re)découvrir nos points forts, nos points d’efforts, nos lumières, nos ombres, nos valeurs, nos rêves non vécus, nos projets trop longtemps tus et enterrés ou remis aux calendes grecques.

Et cette quête de notre propre vérité et du « non vécu » nécessite, du moins pour moi, la capacité de « revenir à la maison » qu’offre la méditation en permettant de créer un « lieu refuge » qui, par moments, s’avère être pour moi la plus précieuse source de stabilité dans l’instabilité. Et qui me rappelle que ce que nous appelons « réalité » n’est souvent qu’une illusion née de notre regard jugeant sur celle-ci. Or, pour reprendre les mots d’Alexandre Jolien (Petit traité de l'abandon. Pensées pour accueillir la vie telle qu'elle se propose. Paris: Editions du Seuil, 2012) « juger la réalité, c'est vouloir occuper le trône de Dieu et la place est déjà prise ».
 
Le changement nous enseigne donc l’humilité qui consiste, d’une part, à dire merci à la vie d’être ce qu’elle est, ni plus ni moins, et, d’autre part, à avoir la sagesse de celui qui « prend ses décisions selon ce qu’il estime être juste et s’y tient, sans s’inquiéter ni de son image ni du qu’en-dira-t-on » (Mathieu Ricard. Plaidoyer pour l’altruisme. La force de la bienveillance, 2013, p. 334). Le fait d’être humble nous donne également le courage et la patience d’attendre que les fruits soient mûrs et d’adopter la philosophie du « hâte-toi lentement » plutôt que de se précipiter sans avoir pris le temps de se poser les bonnes questions. D’être à la fois dans l’attente (et non l’attentisme) et dans la plus grande attention, à soi et à ce qui se passe autour de soi.
 
Cette « attente-tension » nous permet également d’identifier nos vrais amis, nos alliés et nos soutiens qui pourront nous aider à nous aider nous-mêmes, devenant ainsi autant d’accompagnants de vie susceptibles de nous permettre d’y voir clair sur notre chemin solitaire. En effet, « on est toujours plus seul qu’on ne le croit et bien moins seul qu’on ne pense » (Jacqueline Kelen. L’esprit de solitude, 2005, p. 197) : si des moments d’introspection et de « retour sur soi » sont incontournables et que tout choix de vie renvoie à sa propre solitude, l’ouverture aux autres me semble être tout aussi indispensable. Même si notre solitude est non seulement inévitable mais également nécessaire, nous ne sommes d’une part pas les seuls à ressentir ce que nous ressentons et, d’autre part, nous trouvons souvent des oreilles amicales et bienveillantes pour nous permettre de nous « ex-primer » plutôt que de « dé-primer ».
 
Et, « last but not least », je ne fais pas dans l’originalité quand je dis que je suis un paradoxe sur pattes : nous le sommes tous, car c’est terriblement humain de vouloir à la fois la paix, l’harmonie et la stabilité et, en même temps, de se lancer des défis qui nous font sentir vivants, de vouloir rompre le sentiment de monotonie en créant, en innovant et, donc, en introduisant des changements. Voulus et non subis et donc plus faciles à assumer, car plus proches de nos convictions et répondant à notre besoin d’être maître de notre vie. Cette existence qui oscille entre l’homéostasie – la tendance inhérente à tout système à rétablir l’équilibre initial – et l’impermanence propre au flux vital : nos cellules se renouvellent constamment et, comme j’ai pu le dire ailleurs, vivre c’est à la fois naître et mourir. À chaque respiration, à chaque journée. Et à chaque changement.
 
Je souhaite donc à chacune et à chacun de vivre les changements, qu’ils soient subis, choisis, anticipés ou non, en faisant confiance à la vie et à ses propres capacités de rebondir, en réagissant de la manière la plus authentique qui soit, sans tricher ni avec soi ni avec les autres, et de tirer le meilleur profit de cette transition pour, qui sait, permettre à ce qui n’est pas encore vécu de l’être et, dans tous les cas, pour reprendre contact avec ce qu’il y a de plus profond en soi et qui n’attend, pour s’exprimer, que notre….changement. 



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