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Du funambulisme et de la vulnérabilité


« Il y a deux sortes de gens. Il y a ceux qui vivent, jouent et meurent. Et il y a ceux qui ne font jamais rien d'autre que se tenir en équilibre sur l'arête de la vie. Il y a les acteurs. Et il y a les funambules. »
(Maxence Fermine. Neige)
 
Dans l’ouvrage de Marguerite Yourcenar consacré aux Mémoires d’Hadrien, l’empereur romain, sentant la proximité du terme de sa vie, se demande qui, du Titan ou de l’Olympien, a dominé l’autre en lui. Chacun pourra s’approprier cette question en fonction de son expérience. En ce qui me concerne, cette interrogation et la tentative d’y répondre m’accompagnent au quotidien.
 
Mais qu’est-ce qu’un Titan ? Il est cette part de moi qui m’a poussé à rechercher la reconnaissance et le regard des autres en relevant des défis dépassant parfois mes compétences du moment ; il est également celui, héroïque, qui a affronté les changements, les incohérences, les inquiétudes, les doutes avec panache, sans broncher, ignorant les affres dans lesquels il était lui-même plongé pour être le plus disponible possible, toujours souriant et positif ; il est aussi ce regard sévère et parfois jugeant porté sur moi-même et sur les autres, chroniquement insatisfait et impatient, en quête si ce n’est de perfection du moins d’excellence à 100%....au moins ; et il est de plus celui qui aime être au centre, se sentir ou, pire, se rendre indispensable, briller, faire rire, manipuler, attirer l’attention afin de nourrir son  grain de narcissisme. Il aime le plaisir, l’immédiateté, le bruit du mental, le nomadisme, le changement, la vitesse, le fait de jongler avec plusieurs tâches et casquettes. Et il déteste l’ennui.
 
Mais il est aussi un géant aux pieds d’argile, pouvant s’écrouler après avoir trébuché sur l’obstacle, laissant s’ouvrir la boîte de Pandore si longtemps fermée pour en laisser sortir toutes les peurs, angoisses, anxiétés et colères si longtemps dissimulées, se laissant envahir par cette cohorte d’émotions inconnues et pourtant si familières, incapable d’avancer, de bouger et d’agir. Il est le frère jumeau d’Icare qui tombe après s’être brûlé les ailes, à force d’avoir voulu jouer avec ses propres limites et celles que la vie lui a données.
 


Et l’Olympien ? C’est lui qui me réclame paix, silence et immobilisme. Il est cette part de moi qui me permet de me sentir relié au monde, visible et invisible, par la simple vision d’une fleur ou d’un sourire d’enfant, qui est touché au plus profond de lui-même par la caresse du vent, d’une femme ou d’un vin, qui pleure de joie en entendant un chant d’oiseau. Celui qui, dans les moments de doutes, de souffrance et de désarroi, me permet de garder la tête en dehors de l’eau, de maintenir le cap et d’entretenir la flammèche, presque invisible parfois, de la confiance et du courage. C’est à la fois la part la plus intime de moi et celle qui m’appartient le moins, le centre de mon être. Il aime la solitude – non celle qui éloigne mais celle qui me relie, en une « sourde fraternité » (Georges Haldas), avec les autres et avec la vie – et m’entraîne à devenir de plus en plus un solitaire solidaire.
 
La cohabitation de ces deux forces, inquiète pour le premier et tranquille pour le deuxième, ne se fait pas sans heurts. Elle est même souvent la cause de vertiges, symboliques ou réels, ainsi que d’errances dans les méandres de mon monde intérieur. Et elle est à la source même de ma recherche d’un équilibre tant intérieur qu’extérieur. De mon funambulisme sur le fil de la vie.
 

Si, jusqu’à mon burn-out, je peux dire que le Titan a largement profité de l’énergie de l’Olympien pour satisfaire ses envies, vivre ses folies et atteindre les buts qu’il s’était fixé, il en est autrement aujourd’hui.
 
J’essaie en effet, souvent très maladroitement, de mettre l’énergie du Titan au service de celle de l’Olympien. En privilégiant la lenteur à la vitesse, la concentration à la dispersion, la réflexion à l’action, le silence à la parole, l’intériorité à l’extériorité, le sourire au rire, la sobriété à l’abondance, l’audace du peu à la boulimie, la qualité à la quantité, l’humilité à la réussite. Et, la réside probablement l’enjeu majeur, en osant vivre ma vulnérabilité afin de me défaire progressivement de l’illusion de la maîtrise et du mensonge de la toute puissance, les deux folies principales du Titan.
 
Je ne parle pas de cette fausse vulnérabilité, de cette authenticité feinte qui envahit de plus en plus nos vies par le truchement des médias et qui consiste à déballer et à nous imposer, dans une impudeur chronique, toutes les émotions avec pathos, dans une effusion frisant la crise de nerfs, individuelle ou collective. Vivre sa vulnérabilité signifie pour moi être capable, d’une part, d’accepter mon funambulisme et son côté parfois inconfortable et déstabilisant et, d’autre part, d’offrir en toute humilité ma recherche d’équilibre aux autres et, donc, de partager mes émotions, mes besoins, mes doutes, mes incertitudes et mes interrogations sans avoir peur du regard jugeant, que cela soit celui des autres ou….le mien.

 
Cette quête et cette recherche n’en sont qu’à leurs débuts : souvent mon Titan reprend le dessus et l’Olympien peine à se faire entendre, silencieux dans une débauche de bruit et d’agitation. Mais le mouvement est initié et mes expériences tant personnelles que professionnelles m’indiquent clairement que ce chemin est, pour moi, le bon.
 


Je suis en effet profondément convaincu que si « les hommes se distinguent par ce qu’ils montrent, ils se ressemblent par ce qu’ils cachent » (Paul Valéry) et que la vulnérabilité est essentielle à une bonne estime de soi. De plus, la vulnérabilité contribue à donner un sens créatif à la vie, même si elle ne rend pas celle-ci plus confortable ou plus sûre (Voir à ce sujet la vidéo de Brene Brown, chercheuse en psychologie, sur http://www.ted.com/talks/lang/fr/brene_brown_on_vulnerability.html). Et, au lieu d’être à la recherche d’un paradis perdu ou de vivre dans l’espérance d’un paradis à venir, « le paradis c'est peut-être d'être sans défense sans se sentir menacé » (Christian Bobin). Ici et maintenant. Et d’accepter d’être. Simplement. Sans vouloir être plus que, moins que ou quelqu’un d’autre. Sans se sentir coupables d’être imparfaits. Et de pouvoir dire merci à la vie d’être et d’exister. En toute incomplétude.
 
Je vous souhaite à toutes et à tous une très bonne suite de chemin, de belles fêtes de Noël et une année 2014 qui vous permette d’être pleinement celle ou celui que vous êtes, avec vos forces et vos faiblesses, vos lumières et vos ombres, vos doutes et vos certitudes, votre Titan et votre Olympien.
 
 
 
 
 
 

3 commentaires pour Du funambulisme et de la vulnérabilité:

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by clicking here on Donnerstag, 20. Februar 2014 13:51
Potser algun dia se li agraeix per alguna falla temporal en una direcció particular . Quan una porta es tanca , una altra s'obre sempre
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swiss made replica watches in uk on Sonntag, 16. März 2014 07:37
si vous arrivez à m'identifier (puisque vous êtes soit disant voyante)alors je prends rendez vous avec vous cordialement


Long on Freitag, 20. Oktober 2017 07:09
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