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De la nécessité de se (re) « pauser »....

Lorsque mon corps et mon âme, plus courageux que moi, décidèrent de mettre un terme à ma course effrénée qui consistait à passer d’un projet, d’une échéance, d’une tâche à une autre, une petite voix intérieure m’a soufflé un énorme « OUF ! » de soulagement : j’allais enfin pouvoir m’arrêter, me (re) « pauser », souffler, respirer. En un mot : VIVRE ! La machine s’était emballée et son pilote n’avait plus qu’un seul désir : redevenir acteur de sa vie. 
 
Pour illustrer ce phénomène de course contre la montre qui peut déboucher sur l’épuisement, les spécialistes du « burn-out » utilisent l’image du tunnel : un long boyau dont on ne voit pas l’issue, souvent mal éclairé et manquant cruellement de sorties de secours. Une prison que la personne se fabrique en partie elle-même, aidée dans certains cas par des contextes déshumanisés et déshumanisants : l’individu devient ainsi son propre prisonnier, son propre geôlier et son propre cachot.
 
Plusieurs facteurs peuvent mener à cette situation : une mauvaise gestion du temps liée notamment aux « démons intérieurs » que sont, entre autres, la culpabilité et le perfectionnisme ; un déséquilibre entre les divers domaines de vie (profession, famille, couple, amis et soi-même) ; une absence ou du moins un manque de réflexion quant au sens que l’on veut donner à sa vie ; une grande voire énorme difficulté à identifier ses besoins, à les exprimer, à les faire entendre et à les couvrir. Dans son livre « Vivre le temps autrement », Pierre Pradervand résume à mon sens très bien cet ensemble de facteurs lorsqu’il avance que « gérer son temps, c’est avant tout s’aimer soi-même ».
 
Mais que veut dire « s’aimer soi-même » ? Vaste programme dont je n’ai pas la prétention de développer les grandes lignes sur un espace aussi restreint que cette page. J’aimerai cependant traiter ici d’un aspect qui me tient tout particulièrement à cœur, non seulement parce qu’il figure parmi les changements importants que j’ai introduits dans ma vie, mais qui manque cruellement à l’appel dans la plupart des tables des matières d’ouvrages consacrés à la gestion du temps : je fais allusion aux pauses.
 
Au-delà du soulagement dont j’ai parlé au début de ce texte, d’autres émotions, nettement moins agréables à vivre, ont rapidement envahi mon espace intérieur, me plongeant dans un profond désarroi et causant des douleurs à la fois physiques et psychiques parfois très lourdes à supporter. En tête de liste, la colère : celle de m’être fait « avoir », de ne pas avoir su repérer les signes avant coureurs du « burn-out » et de ne pas avoir su gérer ma vie, alors que je m’étais jusque-là illusionné d’une parfaite maîtrise du sujet. Moi, l’ex-entraîneur et formateur de coaches de natation de compétition, j’aurais pourtant dû savoir que les pauses de récupération étaient aussi voire plus importantes que les temps de travail et de charges ! Une fois de plus, un cordonnier mal chaussé….
 
En effet, si la pause permet de se reposer, elle permet aussi de se « poser », de se « re-centrer », de se relier à soi-même, à ses besoins et à ses envies, à ses intuitions et à sa petite voix intérieure. À revisiter sa « chambre à soi », son espace intérieur. Pour mieux pouvoir, ensuite, se relier aux autres, tout en « étant seul en étant accompagné » (Guy Corneau).
 
Georges Haldas, un auteur que j’affectionne particulièrement, parle de la nécessité, pour le violoniste, d’accorder son violon afin de pouvoir en jouer d’autant plus valablement au sein de l’orchestre. Se mettre donc en accord avec soi, dans le but de rester à l’écoute de ses émotions, de ses vibrations et de celles des autres et dans le but d’interpréter au mieux une partition qui, ne l’oublions pas, est constituée non seulement de notes, mais également de silences dont la présence permet à la musique d’exister.
 
De peur d’être rattrapé par mes démons, toujours bien présents mais désormais conscientisés et accueillis avec plus d’apaisement, je me suis fixé comme objectif de planifier des pauses sur le modèle du « un partout » :
 
  • Une pause, aussi petite soit-elle, entre chaque tâche ou activité : une « méditation flash », quelques bonnes inspirations et surtout expirations, me lever et marcher, boire un verre d’eau, respirer l’air frais, ne rien faire,…. 
  • Un « break » d’au moins une heure par jour, en un bloc ou en plusieurs moments, pour méditer, faire une sieste, me balader, m’asseoir sur une terrasse, lire un bon livre, parler avec des personnes que j’aime, écrire, ne rien faire,….
  • Un jour par semaine, réparti sur une journée effective ou sur deux demies-journées, période pendant laquelle je m’autorise à ne rien faire qui soit en lien avec mes activités professionnelles – mon jour de congé, ma respiration hebdomadaire.
  • Une semaine par mois pendant laquelle je prends le moins de rendez-vous professionnels possible et me consacre principalement à des activités créatrices, comme l’écriture par exemple.
  • Un week-end par mois pendant lequel je me retire du monde et effectue une « mini-retraite » dans des endroits où je me ressource en puisant de l’énergie positive, de la paix et de la sérénité.
  • Une semaine par année de retraite spirituelle, soit à l’Hospice du Grand St Bernard ou dans tout autre site permettant une démarche à la fois de retour sur soi et d’ouverture à une autre manière de vivre le temps que celle que notre société occidentale nous propose.
 
Cette stratégie me permet non seulement de prendre une pause avant qu’elle ne me (re)prenne – une mesure prophylactique donc -  mais également d’être le plus cohérent et congruent possible dans mes actes et mes paroles au quotidien : au sens étymologique du terme, la personne est au monde « per suonare », pour résonner et, si possible, « sonner juste », en accord avec ses valeurs et son être.
 
L’aménagement de pauses serait en effet inutile s’il ne s’inscrivait pas dans une réflexion, beaucoup plus large, autour des questions suivantes, inspirées du livre de François Delivré, « Questions de temps » :
 
  • Comment réussir ma vie, aujourd’hui et demain ?
  • Comment avancer vers mes « étoiles », vers les buts que je me suis fixés et qui donnent le cap à ma vie ?
  • Est-ce que j’accorde au monde le « meilleur de moi-même » ?
  • Est-ce que ma manière de vivre me prépare consciemment à mourir ?
 
Chacune et chacun trouvera ses réponses individuelles à ces questions très générales, mais personne ne pourra  probablement faire l’économie, tôt ou tard, de se les poser et, pour ce faire, de se (re) « pauser » afin d’y penser…à tête et à cœur reposés.
 
Bonne suite de chemin….et n’oubliez pas les postes de ravitaillement !


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